« C'est un manque de confiance en soi. » C'est souvent la phrase d'ouverture, au téléphone, quand un parent m'appelle pour son ado. Et c'est une phrase qui dit à la fois beaucoup et presque rien : derrière, il peut y avoir un trac de prise de parole très circonscrit, ou quelque chose qui s'est installé partout, depuis longtemps. Avant de chercher à « redonner confiance », j'essaie surtout de comprendre ce que ce mot recouvre, chez cette personne-là.
Ce qu'on range sous « manque de confiance », à cet âge
Mis bout à bout, voilà ce qu'on me décrit : ne plus lever la main en classe alors que la réponse est connue. Préparer un exposé pendant des heures et avoir envie de rester au lit le jour J. Refuser une invitation pour ne pas avoir à parler à des gens. Se comparer en continu, en ligne surtout, et toujours dans le mauvais sens. Abandonner une activité juste avant d'y être évalué. Ou simplement cette petite phrase répétée à table : « de toute façon, j'y arriverai pas ».
Ce ne sont pas les mêmes choses. Certaines relèvent d'un passage : l'adolescence, c'est précisément le moment où le regard des autres devient l'unité de mesure principale, et où on se construit en se cognant un peu. Ça vacille, et c'est normal que ça vacille.
D'autres fois, quelque chose s'est figé. Le signe qui m'alerte, ce n'est pas l'intensité de la gêne, c'est l'évitement : la liste de ce qu'on ne fait plus s'allonge, et le monde rétrécit en silence. C'est ça qui mérite qu'on aille regarder.
Pourquoi les encouragements glissent
Les parents que je reçois ont presque tous déjà tout essayé : valoriser, rassurer, rappeler les réussites, parfois pousser un peu. Et ça ne prend pas. Ce n'est pas un défaut d'amour ni un défaut de méthode.
Première raison, assez vexante : un compliment de parent ne compte pas. À cet âge, c'est perçu comme obligatoire, donc sans valeur de preuve. Seconde raison, plus importante : l'information n'est pas le problème. Un ado qui se dévalorise sait très bien, intellectuellement, que les notes sont correctes et qu'on l'apprécie. Ça ne change rien, parce que la conviction ne loge pas à l'endroit du raisonnement.
C'est exactement la même mécanique que pour une peur disproportionnée : on peut se l'expliquer parfaitement, et constater que le corps part quand même. J'en parle plus longuement dans l'article sur l'hypnose et les phobies, parce que le principe est le même — ce qui se déclenche tout seul ne se désamorce pas par la logique.
Et il y a un effet secondaire, dont on parle peu : plus on insiste pour rassurer, plus le sujet devient chargé. Au bout d'un moment, l'ado finit par se taire — pas parce que ça va mieux, mais pour avoir la paix.
Ce que je cherche : d'où ça vient, pas comment ça se voit
Je ne travaille pas sur « avoir confiance ». C'est beaucoup trop vague pour être un objectif, et une séance d'auto-persuasion ne tient pas trois jours. Ce qui m'intéresse, c'est le moment où ça s'est appris.
Parce que ça s'apprend, et souvent à partir de pas grand-chose : une remarque d'un adulte, restée en travers. Un passage au tableau qui a mal tourné devant toute la classe. Une place prise dans la famille — ne jamais faire de vagues, ou devoir être à la hauteur d'un aîné. Une comparaison entendue une fois, qui s'est transformée en règle intérieure.
Parfois on retrouve la scène, parfois non. Et l'absence de souvenir précis n'empêche rien : le corps garde la trace même quand la tête n'a rien archivé. Mon travail consiste à aller là où ça s'est fixé, pour que ça perde sa prise — pas à coller par-dessus un discours positif qui s'effacera au premier contrôle raté.
Je dis aussi clairement ce que ça ne fait pas : ça ne fabrique pas quelqu'un d'autre. Un tempérament réservé reste un tempérament réservé, et tant mieux. L'enjeu, c'est de retrouver le choix — pouvoir se taire parce qu'on n'a pas envie de parler, pas parce que c'est impossible.
Comment ça se passe, et quelle est la place du parent
La première séance commence toujours par une conversation. Souvent le parent entre quelques minutes, donne son contexte, puis sort. C'est important : à cet âge, on ne dit pas les mêmes choses devant ses parents, et un espace à soi fait partie du travail.
Ensuite, il n'y a rien de spectaculaire. L'hypnose, ce n'est pas du sommeil, ce n'est pas une perte de contrôle, et on ne révèle rien contre son gré. C'est un état d'attention très concentrée — assez proche de ce qui se passe quand on est absorbé par une musique ou un film. Les ados y entrent en général très facilement, bien plus vite que les adultes, parce qu'ils passent beaucoup moins de temps à se demander si ça marche.
Deux conditions, non négociables. La première : l'accord du jeune. Quelqu'un qu'on dépose chez moi sans son avis, on en parle, et il arrive qu'on s'arrête là — je ne travaille pas contre une personne. La seconde : pour une personne mineure, l'autorisation d'un parent est nécessaire, et je préfère que ce soit un parent qui prenne contact en premier.
Enfin, ce qui se dit pendant la séance reste entre nous. Je peux dire à un parent comment on avance, pas raconter le contenu. Sans ça, il n'y a pas de confiance possible — et ce serait dommage, vu le sujet.
Et si c'est toi, l'ado, qui lis cette page
Alors deux ou trois choses, directement. Tu n'as rien de cassé à réparer. Ce qui t'arrive a une logique, même si elle n'a pas encore de mots. Tu n'as pas à tout me raconter pour qu'on puisse travailler : on peut avancer avec très peu de détails, et tu gardes la main sur ce que tu dis ou pas.
Tu peux aussi venir avec une idée très précise de ce que tu veux débloquer — l'oral du bac, les cours de sport, prendre la parole en groupe — plutôt qu'avec « je manque de confiance ». Honnêtement, c'est même plus simple à travailler comme ça.
Pas de forfait, pas de rendez-vous calés d'avance
On me demande souvent combien de séances il faut. Je ne le sais pas à l'avance, et je me méfie de qui l'annonce avant d'avoir rencontré la personne. Un trac localisé sur un examen ne se travaille pas comme quelque chose qui s'est installé depuis l'école primaire.
Ce que je peux dire, c'est comment je fonctionne : pas de forfait, pas de série de rendez-vous posés d'avance. On fait une séance, on laisse vivre, et on revient si le besoin s'en fait sentir. Mon objectif, c'est que personne n'ait besoin de moi durablement — surtout pas un ado, qui a mieux à faire de son mercredi après-midi. Le détail de ma façon de travailler est sur la page accompagnement.
À Toulouse ouest, ou en visio
Je reçois le mercredi au cabinet Bulle de Vie, 358 avenue de Lardenne, à Toulouse. C'est le quartier de Lardenne, dans l'ouest toulousain, à quelques minutes de Tournefeuille, Saint-Martin-du-Touch, Plaisance-du-Touch ou Colomiers — et le mercredi tombe plutôt bien pour un emploi du temps scolaire.
Le reste de la semaine, je travaille en visio. Pour les ados, ça se prête souvent très bien : pas de trajet après les cours, et un cadre familier qui aide à se détendre plus vite. Le travail, lui, se passe surtout dans l'imagination, pas dans la décoration de la pièce.
Si c'est pour toi, adulte, que la question se pose plutôt que pour ton ado, j'en parle sur la page hypnose et confiance en soi à Toulouse : les mécanismes se ressemblent, mais ce qui les entretient à 40 ans n'est pas ce qui les entretient à 15.
Ce n'est pas un acte médical. L'hypnose est un accompagnement complémentaire, jamais un substitut à un suivi ou à un traitement. Si ton ado s'isole durablement, ne va plus en cours, dort ou mange très différemment depuis plusieurs semaines, ou si quelque chose t'inquiète vraiment, parles-en d'abord à ton médecin traitant — c'est lui qui pose un diagnostic et qui oriente, et un accompagnement en hypnose peut venir en complément, pas à la place. L'infirmerie et la psychologue de l'établissement scolaire sont aussi des interlocuteurs utiles, et gratuits.